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  • jackiebhamilton

Ces ressentis empruntés au passé


Ces derniers jours, je me suis vue revivre certains ressentis qui appartiennent au passé, plus particulièrement à mon enfance.


Petite, je souffrais (et le mot ici doit être pris au sens littéral) de timidité maladive. Cela venait, bien entendu, avec une faible estime. En fait, j’avais honte de moi et j’avais développé la croyance que je n’étais pas digne d’être aimée.


Si on rajoute à ces défis de taille le fait qu’à la maison, il n’y avait aucune marque d’affection, d’attention, mais, principalement, de la froideur, de la rigidité et du mépris, vous pouvez vous imaginer à quel point je pouvais me sentir isolée du monde. Un monde que je n’arrivais pas à comprendre, dont je me sentais totalement étrangère, mais, néanmoins, auquel j’aurais tellement eu envie de participer.


L’été était toujours une période extrêmement difficile pour moi puisqu’il faisait davantage remonter les émotions reliées à cette solitude, cette incarcération, imposée.


La période dans la journée qui était la plus souffrante était celle qui précède et qui suit le repas du soir. Quand le soleil, à l’horizon, s’apprête à donner un spectacle d’une beauté qui nous laisse sans mots. Pour moi, cela ne faisait que ressortir davantage la laideur et la noirceur de ma vie.


Cela dit, ce désespoir, cette impuissance, que je pouvais ressentir enfant est remonté à la surface dernièrement alors que par un beau vendredi soir je me suis retrouvée « toute seule », non pas par choix.


Je vous rassure ici; j’ai quand même un bon cercle d’amis, mais aucun d’eux n’était disponible à ce moment-là et je ne sais pourquoi une énorme vague de tristesse s’est élevée au loin et est venue me frapper de plein fouet.


C’est alors que, dans toutes mes entrailles, j’ai ressenti à nouveau exactement ce que je ressentais à l’époque où je voyais la vie bouger autour de moi et que l’immuabilité de mon existence me faisait littéralement suffoquer : Je me sentais coincée dans une prison avec aucune possibilité d’être libérée. J’avais envie de mourir. Oui, envie de mourir à 10 ans.


Comprenant ce qui était en train de se produire, bien évidemment « je me suis parlé ». J’ai relativisé, dédramatisé et cela m’a légèrement apaisée.


Toutefois, j’ai réalisé une chose importante : Cette envie de mordre dans la vie, de vivre à la puissance au carré – que je croyais assouvie avec la nouvelle vie que je me suis construite au fil des ans – elle est toujours là au fond de moi. Elle s’est simplement tenue peinarde pendant un certain temps, mais elle n’a jamais trouvé son remède à ce jour.


Si je vous partage cette expérience, c'est que je veux vous amener à considérer aussi cette possibilité que la somme de vos expériences et souffrances – principalement celles accumulées au cours de votre enfance – a probablement laissé une empreinte que vous ne voyez pas toujours, mais qui, en trame de fond, interfère constamment avec vos choix, décisions et réactions.


D’en être conscients, je crois, nous aidera tous à mieux comprendre pourquoi nous agissons ou réagissons comme nous le faisons. Bien sûr, nous avons beaucoup évolué depuis, mais il est faux de penser que nous puissions un jour arriver à nous débarrasser totalement de l’enfant que nous avons été.


Nous pouvons apprendre à l’apprivoiser, à le calmer, à le rassurer, mais il restera toujours à l’intérieur de nous quoique nous fassions; peu importe à quel point nous voulons le fuir ou le rejeter.


Il est là pour nous rappeler de ne pas commettre les erreurs qui nous ont handicapés, mais, également, pour nous amener à réparer ce qui a été brisé car, oui, nous avons ce pouvoir de réparation et il commence le jour où nous apprenons à mieux prendre soin de nous et à faire en sorte de mieux nous aimer. 🙏

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