Jackie B. Hamilton, auteure
Québec, Canada

 

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30/07/2019

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Je ne veux pas faire de peine à papa (maman)

 

Pour l’avoir vécu moi-même avec ma mère qui, pourtant, n’avait rien d’un modèle de compassion et de gentillesse, j’ai toujours été déchirée par le fait que, pour rien au monde, je n’aurais voulu lui faire de la peine.

 

Elle pouvait m’insulter, m’humilier, m’infliger des châtiments corporels à l’occasion, je me mettais en retrait, pleurais toutes les larmes de mon corps – des larmes de désespoir, mais souvent des larmes de révolte – et, quelques heures après, j’étais prête à lui pardonner et à essayer, encore et encore, de gagner son amour.

 

Je me rappelle du seul soir où elle a fait preuve de sensibilité et de vulnérabilité…  Elle et mon père avaient dû se disputer, j’imagine, bien que je ne les ai jamais vraiment vus ou entendus se quereller.  En fait, ils ne communiquaient pas assez pour que cela soit possible. 

 

Ceci dit, ce soir-là, ma mère était montée se coucher à l’étage et je l’entendais pleurer dans la chambre d’à côté.  À un moment, elle s’est sentie mal.  Son cœur s’emballait et il fallait qu’elle trouve un moyen de se calmer.

 

Elle est donc descendue dans la cuisine pour aller faire couler de l’eau chaude dans une bassine afin d’y plonger ses pieds.  Je suis allée la rejoindre, extrêmement inquiète.  Du haut de mes 9 ou 10 ans, j’essayais tant bien que mal de prendre soin d’elle.

 

Comme je l’ai aimée, ma mère, ce soir-là!  Elle me montrait un visage d’elle que je ne connaissais pas; elle était capable de baisser sa garde et de me laisser voir une nature qui me semblait plus « humaine ». 

 

Du coup, tout ce qu’elle avait pu me dire ou faire avant cet événement me semblait sans importance car ma mère et moi avions réussi à connecter pendant quelques minutes et cela, croyez-moi, ça valait toutes les hontes et humiliations que j’avais dû endurer jusqu’à ce jour.

 

LES ENFANTS PRENNENT SOUVENT PLUS SOIN DE NOUS QUE NOUS PRENONS SOIN D’EUX

 

Ce pattern, je l’ai vu mille fois dans ma vie; dans toutes les histoires dont je suis témoin ou celles qu’on me raconte. 

 

Les enfants, à aucun prix, ne veulent faire de la peine à leurs parents.  Toutefois, les parents, eux, n’ont pas conscience à quel point leurs comportements, propos et attitudes peuvent être blessants; à quel point ils rabaissent, humilient et éteignent constamment la belle lumière de leurs enfants.

 

Ce qu’il y a, c’est que lorsqu’on devient adulte, on croit automatiquement que cela fait de nous des personnes avec un meilleur jugement.  Parce que nous avons davantage de vécu, nous pensons tout savoir, tout comprendre et, de ce fait, nous n’écoutons plus, mais nous imposons nos points de vue.  Nous adoptons une position de supériorité qui n’est pas toujours justifiée et abusons aussi trop souvent de notre autorité.

 

Pourtant, les enfants – lorsqu’on prend le temps de les écouter et de les comprendre – ont tellement à nous apporter.  Ils sont la voix qui nous rappellent que l’erreur est permise et que la spontanéité et l’insouciance ont toujours leur place.

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