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Ce besoin de contrôler le corps

  • Photo du rédacteur: jackiebhamilton
    jackiebhamilton
  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

Nous vivons dans une drôle d'époque.


Nous cherchons un moyen de paraître — ou de rester — jeunes. Nous cherchons une façon de maigrir, de perdre ce ventre que l'on dit s'installer avec la ménopause... Nous tentons de ralentir la chute des cheveux, d’être moins anxieux.


Et les espions de l’Internet le savent.


Partout où nous posons notre regard, apparaissent ces publicités trop prometteuses pour être vraies. Nous le savons… mais une petite voix en nous murmure : « Et si, cette fois-ci, ça fonctionnait? »


Alors nous dépensons, souvent plus que nous ne l’aurions voulu, dans l’espoir que cette substance, cet exercice ou cet appareil puisse nous sauver. Car oui, pour plusieurs d’entre nous, l'image devient une préoccupation constante.


Nous pensons que, pour être aimés ou pour continuer à l’être, nous devons être minces, sans rides, avec une chevelure épaisse.


Nous croyons qu’il est primordial de posséder ces attributs pour mieux nous aimer d'abord, car nous entendons depuis toujours qu’il est important de s’aimer, n’est-ce pas? C’est la base de tout.


Ce que nous négligeons de réaliser, c’est que, probablement, nous ne nous sommes jamais vraiment aimés. Même avec 25 lb en moins, une peau lisse et une chevelure abondante.


Oui, je sais, vieillir peut sembler cruel, parce qu’à l’intérieur, nous avons toujours l’impression d’avoir 20 ans. Ma grand-mère disait cela. Ma mère disait cela. Je trouvais ça stupide… et me voilà aujourd’hui à répéter cette fameuse phrase.


Cela dit, revenons à nos espions de l’Internet : ceux qui nous observent et nous écoutent pendant que nous faisons nos recherches en ligne, et qui, à la fin de la journée, en savent parfois plus sur nous que nous-mêmes.


Ils ont le don de trouver les mots pour appâter le poisson, parce qu’ils comprennent notre détresse face à ce que nous vivons… même si, reconnaissons-le, cela n’a rien à voir avec une maladie incurable ou une brûlure au troisième degré.


Mais cela importe peu, car nous voulons arriver à nous aimer, et nous pensons que c’est notre enveloppe corporelle qui — si elle devient aussi parfaite que nous l’imaginons — nous permettra d’y parvenir.


Pourtant, je me rappelle de mon apparence à 20 et 30 ans. Alors que tout le monde me disait que j’étais « canon », je me sentais inadéquate. Pourquoi? Parce que l’estime que je me portais n’avait rien à voir avec mon apparence. Le problème était intérieur : dans ma façon de voir, d’interpréter et de raisonner.


Je ne dis pas ici qu’il ne faut pas entretenir son extérieur. Je dis simplement de ne pas oublier qu’à la fin de la journée, si nous ressentons le besoin de peser un certain poids, d’effacer toutes les rides de notre visage — même celles qui servent à créer nos expressions — de suivre des diètes ou des jeûnes sans arrêt, ou encore de prendre des risques pour notre santé en faisant confiance à n’importe quel charlatan… nous n’arriverons jamais à être satisfaits.


Pourquoi? Parce que ce qui peut nous aider est en nous. Pas dans ces promesses de l’Internet qui ne visent souvent qu’à enrichir certains.


Notre corps est notre allié, mais nous passons notre temps à le corriger, à lui dire comment fonctionner. Pourtant, il est intelligent. Il sait ce qu’il a à faire. Mais nous cherchons à le contrôler à chaque instant, jour et nuit.


Réveille-toi! Donne-moi plus d’énergie! Arrête de me dire que tu as faim! Bois ceci et cesse de rechigner! Endors-toi maintenant!


Quand on prend le temps d’y réfléchir, on réalise à quel point nous voulons diriger, de façon obsessionnelle, une machine qui est parfaitement rodée depuis des milliers d’années, et ce, sans même prendre le temps d’écouter, de ressentir… de comprendre ce que le corps essaie de nous dire.


Car oui, le corps est le mieux placé pour savoir ce dont nous avons besoin et quand nous en avons besoin.


Le corps sait ce qu’il a à faire, si nous lui laissons la liberté de s’exprimer. Et cela n’a rien à voir avec les tendances, les études ou les statistiques. Chaque être humain est unique. Chaque corps fonctionne également de manière unique.


Cet hiver, j’étais obsédée par une envie de manger de la gélatine. On en retrouve notamment dans certains bonbons. L’idée revenait sans cesse. Alors j’ai acheté quelques sacs de bonbons gélifiés… et oui, je les ai mangés avec une certaine culpabilité, car le discours collectif nous bombarde avec l'idée que le sucre est mauvais pour la santé.


Quelques semaines plus tard, quelqu’un m’a rappelé quelque chose que je savais pourtant déjà : lorsque le corps fait une fixation sur un aliment ou une envie précise, cela peut être un signal. Une façon pour lui de nous inviter à consommer — ou à faire — quelque chose qui pourrait lui être bénéfique.


Dans mon cas, j’ai des problèmes d’articulations… et la gélatine contient des acides aminés essentiels à la formation du collagène, qui constitue une grande partie du cartilage.


Rappelons-nous que le corps est notre ami. Notre allié. Et soyons à l'écoute de ses besoins. Il nous le rendra bien.

 
 
 

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Jackie B. Hamilton, auteure et blogueuse en éveil de conscience
 

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Québec, Canada

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