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Comme si c'était le dernier jour

  • Photo du rédacteur: jackiebhamilton
    jackiebhamilton
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

L’an dernier, à peu près à la même période, j’ai pris une photo unique : mes quatre chats installés dans la pelouse avec moi. On peut voir au loin Clochette. Puis, en se rapprochant, Oscar. Et finalement, à l’avant-plan, Napoléon à gauche et Théodore à droite.

C’était une soirée magnifique. Le genre de soirée où l’on se dit que notre vie est juste parfaite.

Mes amies venaient de partir et je relaxais dans ma cour avec ces quatre êtres vivants que j’adore.

Puis, l’automne s’est installé. Et Théodore a disparu à la fin novembre.

Depuis, je ne l’ai jamais revu. Et bien qu’il n’ait été avec nous que huit mois, je ressens encore, au quotidien, le vide de son absence.

Il faut que je vous dise que Théo était un chat « errant » qui, à partir du moment où il est arrivé dans ma cour, n’a plus voulu repartir. Il est entré dans la maison, s’est mis en rang pour manger ses croquettes… et aucune friction entre lui et les trois autres chats. Du jamais-vu!

J’ai toujours pensé que Théodore était un ange déguisé. Les gens qui m’ont visitée cet été-là pourraient en témoigner. C’était un chat spécial. Un chat qui recherchait la compagnie des humains encore plus que celle de ses congénères.

Cela dit, le troupeau est retombé à trois chats, nombre que je cherche toujours à atteindre. Ne me demandez pas pourquoi. C’est comme ça.

Puis, cet été, au début du mois de juillet, j’ai dû laisser partir Clochette, qui avait un cancer de la bouche. Elle n’était plus capable ni de boire ni de manger à cause d’une énorme masse sous la langue.

Je l’ai pleurée comme on pleure un humain. Parce que oui, les animaux prennent autant de place dans nos vies que les humains que nous côtoyons. Ils sont de la famille. Et, pour certains, ils sont même une famille que nous n’avons pas.

Trois semaines plus tard, la Vie m’a amené Gédéon. Un chat de sept ans, pesant 18 lb, qui avait été abandonné dans un logement par ses maîtres.

Je ne vais pas vous mentir : Gédéon me fait énormément penser à Théodore. Mais ma décision d’aller le chercher au refuge a quand même été influencée par mon désir de le « sauver » de son triste sort. Je me doutais bien que, parmi les quelque 60 chats mis en adoption, il ne sortirait probablement pas de sa cage avant des mois. Ou qu’il finirait peut-être même par être euthanasié.

Gédéon était dans un piteux état lorsque je l’ai accueilli et j’ai dû l’amener chez le vétérinaire, car on a craint pour sa vie. Pendant près de deux semaines, il a très peu bu et n’a pratiquement rien mangé.

Puis, sa santé s’est améliorée. Et, prenant des forces, il a poussé la barrière que j’avais installée pour l’isoler d’Oscar et de Napoléon, semblant dire : « J’ai été enfermé assez longtemps. Je veux être libre désormais. »

Depuis, Gédéon émet de petits grognements inoffensifs lorsque mes chats passent un peu trop près.

Mais je suis confiante pour l’avenir. Après tout, ça ne fait que cinq semaines qu’il est avec nous.

Bien sûr, il a volé la place d'Oscar et Napoléon dans mon lit. Ce qui m’a un peu causé un cas de conscience… Mais je pense que, très bientôt, je vais me réveiller avec trois chats à mes pieds.

La raison pour laquelle je vous raconte cette histoire aujourd’hui, c'est pour que nous prenions tous conscience que rien n’est permanent. Même les choses que nous aimons profondément et qui, à force d’habitude, finissent par devenir une simple trame de fond dans notre quotidien.

Nos enfants. Nos parents. Notre partenaire. Nos amis. Nos collègues. Nos voisins. Et, bien sûr, nos animaux.

Ils ne sont pas éternels. Ils sont dans nos vies, là, maintenant, mais qui sait où ils seront dans un an?

Qui sait où nous serons, nous, dans un an?

Si seulement nous apprenions à vivre comme si chaque jour était le dernier… Pas avec le chagrin au fond de la gorge, mais avec l’amour qui fait exploser le cœur devant toutes ces belles présences qui nous entourent et que nous ne voyons probablement plus. Que nous n’apprécions probablement plus à leur juste valeur.

On ne peut pas empêcher la mort de frapper, mais on peut peut-être empêcher les regrets lorsqu’elle traverse notre vie. En prenant soin de ceux qui nous entourent. En leur accordant notre présence. Notre attention. Notre amour.

En traitant chacun comme si demain n’existait pas.

 
 
 

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Jackie B. Hamilton, auteure et blogueuse en éveil de conscience
 

info@jackiebhamilton.com

Québec, Canada

© 2022 par Jackie B. Hamilton, créé avec Wix.com

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