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La culpabilité suite à un décès

  • Photo du rédacteur: jackiebhamilton
    jackiebhamilton
  • 10 juil.
  • 3 min de lecture

Ma petite Clochette est partie hier... au creux de mes bras.


La décision a été difficile, mais elle s'imposait. Clochette avait un cancer de la bouche et n'arrivait plus à boire ni à s'alimenter. Elle en était à sa troisième journée sans eau ni nourriture.


Dans les jours qui ont précédé son départ, et encore aujourd'hui, beaucoup de culpabilité m'habite.

Je réalise que je n'ai pas toujours été présente pour elle. Que j'ai parfois refusé qu'elle monte sur ma chaise pendant que j'écoutais Netflix parce que... parce que je n'avais pas envie de la flatter sans arrêt. Clochette avait cette adorable habitude de me toucher le bras avec sa patte, comme pour me dire : « Caresse-moi. » Et elle pouvait répéter ce geste pendant de longues minutes, au point où je ne pouvais presque plus déposer ma main sur mon genou.


Mon autre source de culpabilité, c'est de ne pas avoir compris plus tôt que quelque chose n'allait pas. Qu'il y avait un problème.


Quand elle s'est mise à miauler devant son bol de croquettes, par exemple, j'ai cru à un simple caprice. Puis, lorsqu'elle cherchait une position pour boire directement à la fontaine et qu'elle tapait dans l'eau avec sa patte. J'ai pensé qu'elle voulait simplement imiter Oscar, un de mes chats qui, depuis toujours, ne boit qu'au robinet de la salle de bain.


Ce que je ne savais pas, c'est qu'une masse sous la langue empêchait celle-ci de fonctionner normalement. Plus la masse grossissait, moins Clochette était capable de pousser la nourriture et l'eau vers le fond de sa bouche pour avaler. Ça explique d'ailleurs pourquoi elle s'était mise à baver de façon importante.


Alors oui, je croule sous la culpabilité en ce moment. On aura beau me dire que je ne savais pas, que j'ai fait de mon mieux... il n'en demeure pas moins que je n'ai pas su reconnaître les signes de sa souffrance.


La veille de son départ, je lui ai parlé alors qu'elle était installée dans la balançoire, un de ses endroits préférés dans la cour. Je lui ai ouvert mon cœur. Je lui ai demandé pardon pour mes écarts, pour mon indifférence et pour cette froideur que j'ai parfois eue envers elle.


Il était important pour moi qu'elle sache que j'étais consciente de mes manquements et que je les regrettais.


Et, pour être honnête, je trouve normal et même sain de me sentir comme je me sens aujourd'hui. Cette culpabilité a peut-être sa raison d'être. Si elle me permet de ne pas répéter les mêmes erreurs, autant avec les animaux qu'avec les humains, alors cette épreuve ne sera pas vaine.


Acceptons cet inconfort qui monte en nous. Responsabilisons-nous pour ce que nous avons fait... ou pour ce que nous n'avons pas fait. Puis cherchons une façon de réparer. Car oui, il existe toujours une manière de faire le bien, de transformer nos regrets en gestes d'amour.


Tout à l'heure, je suis allée installer cet ange en bois dans mon grand conifère afin de ne jamais oublier que Clochette a partagé la vie de mon fils et la mienne pendant quinze ans. Plus de la moitié de la vie de mon fils, finalement.


En terminant — on y croit ou non — mais j'ai le sentiment que Clochette viendra encore, à l'occasion, s'étendre dans la balançoire.


D'ailleurs, ce matin, mes deux autres chats ont eu une réaction étrange. Le matin est toujours le moment où je sers la pâtée à chacun. Napoléon s'est mis à courir comme s'il avait le diable au corps. Puis Oscar s'est montré nerveux lui aussi.


Je me suis dit : Premier matin sans Clochette...


Peut-être était-elle là, en esprit, venue manger sa portion de pâtée comme elle l'a toujours fait... et peut-être est-ce cela que Napoléon et Oscar ont ressenti.

Je t'aime, ma petite louloute adorée. ❤️

 
 
 

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Jackie B. Hamilton, auteure et blogueuse en éveil de conscience
 

info@jackiebhamilton.com

Québec, Canada

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